Bonjou tout moun
Désolé de vous avoir abandonnés pendant quelques temps, mais il y a de petits problèmes de serveur internet ici. Je vais donc résumer rapidement les trois semaines passées.
Avec la fin de juin sont arrivées les vacances scolaires, une aubaine, et oui les enfants sont plus disponibles, on peut faire deux combites (travail de groupe ou corvée) de plantation par semaine et faire plus de semis. Je vous avais parlé d'une pépinière de pomme de terre, elle semble en bonne voie si les pluies, qui peuvent être torrentielles, n'emportent pas les buttes avant la récolte. Si, si, ça arrive, un paysan a ramassé, il y a peu, tout ses plants en bas de la parcelle pour les replanter parce qu'un orage a tout balayé.
A cette même époque, la vie du village a aussi ralentie temporairement, surtout à midi et à 15 h, l'es horaires des matchs de coupe du monde. Ici, on est fanatique de foot et surtout de l'équipe du Brésil, à grand renfort de drapeaux, T-shirt et autres attributs. Je n'ai pas besoin de dire quelle fût la déception lorsque les Bleus ont éliminé les joueurs de la Séléçao. Les supporters sont donc devenus anti-français, manifestant leur joie lors de la victoire de l'Italie, enfin timidement car si le Brésil avait été en final, l'euphorie aurait régné dans tout le pays. Pour souligner à quel point les matchs du Brésil sont importants, lorsque ceux-ci ont lieu toute activité s'interrompt. Eh oui, les carreleurs du presbytère sont tout simplement allé voir le match, quittant le chantier.
Parlons en de ce chantier, il prendra éventuellement fin avant le début d'août mais ne nous risquons pas à ce genre de pronostics….après déjà quelques neuf mois de retard.
De toute façon le temps ne compte pas ici, en voici un petit exemple. Il y a deux semaines, j'accompagnais Philistin et Occius à Mahotière, une chapelle de Furcy, pour prendre des mesures afin de déterminer la quantité de matériaux manquant pour terminer une église en construction. Deux, petites heures de marche dans une vallée que je n'avais pas encore visitée, petit paradis de la mangue, tellement abondante ici qu'on la donne aux cochons, vrai de vrai, d'ailleurs on est revenu avec un plein panier mais c'est le panier qu'on a acheté car on nous a donné les mangues… Nous arrivons au village pour rencontrer le directeur de chapelle local et les boss (artisans) maçons et charpentiers…personne. Et oui le directeur de chapelle était parti à un enterrement et n'avait pu (ou oublié) nous prévenir. On a bien attendu une heure ou deux pour le principe, au cas où il reviendrait, mais en vain. On a donc refait le chemin inverse visitant quelques connaissances…une bonne façon de passer la journée mais pas de travailler.
Pendant ce temps à Port-au-Prince, le calme qui a régné jusqu'à présent semble se fissurer. La semaine passée, une bagarre de gangs a eu lieu dans un quartier populaire causant quelques "dégats collatéraux" chez les habitants du quartier. Y'a pas à dire, rien ne vaut la campagne…Plus sérieusement, nous prenons un peu plus de précautions dans nos déplacements. Mais, il ne faut pas non plus ne voir que l'arbre des agitateurs, que les journalistes aiment à montrer pour le côté sensationnel, qui cache la forêt d'un peuple accueillant et chaleureux.
"ravèt pa gen rezon devan poul" ("le cafard n'a pas raison devant la poule", c'est-à-dire "la raison du plus fort est toujours la meilleure")
N'a we pi ta
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