Bonjour à tous
Je commence à m'absenter plus qu'à mes débuts et c'est plutôt bon signe. Enfin, dans le sens où je m'implique plus dans le rôle qui m'est destiné bien sûr. J'ai donc profité de la dizaine de jours passés dans les mornes pour me promener du côté de Jacmel et de Lamarque.
Jacmel
Ayant décidé de passer un week-end à Furcy, j'ai demandé au Père Jean-Yves la possibilité de partir quelques jours vers Jacmel dans l'intention de rencontrer les coopérants qui travaillent là-bas. Il se trouve, finalement, que je peux m'organiser à ma manière du moment que mon travail est suivi bien sûr.
Le dimanche à 6h du matin, je pars donc à pied pour Seguin accompagné de Mano, yon moun Furcy (un habitant de Furcy). Quand Jean-Yves lui a demandé combien de temps pour Seguin, il a répondu 3h30 et on ne l'a pas cru. En fait on a mis 4h parce que je ne pouvais pas le suivre dans les montées…moi qui me croyais bon marcheur!!!
A Seguin, je prends un moto-taxi pour Peredo. Après une petite négociation je fais descendre le tarif de 2500 à 500 gourdes (belle marge) et il n'est pas perdant du tout puisqu'au retour je monterais pour 300 gourdes seulement. Descente en roue libre…ça économise le carburant. Bien-sûr, pas besoin de demander s'il y a un casque vu que le conducteur n'en a pas pour lui. A mi chemin on monte une charmante haïtienne (oui ici à trois sur une moto c'est normal sans compter les bagages) pour la déposer un peu plus loin. C'est au bout d'une heure et le dos en compote, torturé par les cahots de la route, que nous arrivons à Peredo, petit village à côté de Marigot au bord de la mer. De là, tap-tap (allusion au secousses bien-sûr) pour Jacmel en longeant la côte. 35 km en 1h au tarif de 25 gourdes : 50 centimes d'euros, épatant non ? D'accord, on a du trouver en urgence 5 litres de carburant chez un petit commerçant à mi-parcours pour éviter la panne sèche mais c'est la normal quand il n'y rien qui fonctionne sur le tableau de bord…
A Jacmel ??? Heu je n'ai pas vraiment d'adresse si ce n'est que je pense que Julie, une coopérante, dois être là et qu'on la connaît peut-être à un hôpital du nom de saint Joseph. Mon chauffeur de tap-tap demande alors où se trouve l'hôpital et il s'avère qu'il n'y en à qu'un mais du nom de saint-Michel…ben pourquoi pas ? On y va ensemble, j'essaie de m'expliquer, on nous indique un presbytère que l'on ne trouve qu'à la deuxième fois. Je laisse mon conducteur bien sympa, et j'essaie de m'expliquer de nouveau. On me dit d'attendre que le père arrive car il doit connaître la personne que je cherche, re-explication en créole, et là, le père me répond en français, il est breton. On finit par réussir à contacter Julie qui vient me chercher. Je rencontre Benj', un prof de français, puis Ombelline, coopérante DCC. Je me fais inviter à La Voute dans le dispensaire où travaille Julie à 20 km de Jacmel. On remonte donc en moto avec son chauffeur attitré qui ne manque pas de faire son signe de croix avant le départ…ça réconforte toujours quand on connaît les routes d'ici.
Arrivée sans encombres à la Voute où je suis accueilli par les sœurs spiritaines avec qui Julie travaille, visite du village et surtout bonne douche et bon repas…
Le lendemain, je redescends pour une journée tout autant incertaine après avoir pris le temps d'accompagner Julie dans le dispensaire pour sa première visite de la journée. De ma destination, j'ai une vague adresse (ici une adresse est rarement précise de toute façon), un projet dans la vallée de Jacmel où travaillerait un Monsieur Verlinde sur des pépinières. Heureusement les sœurs m'on dit de demander un certain Tony…je me dis qu'il sera toujours temps de voir sur place.
Une heure de tap-tap avec une crevaison pour atteindre Ternier peu après la Vallée de Jacmel. On me guide jusqu'à Tony qui est directeur de l'école, et effectivement il s'occupe d'un projet de pépinière et de fours solaires en relation avec une association française appelée "Ti Moun" (les enfants) dont Marcel Verlinde, qui est normand, s'occupe. Je visite les lieux et on s'entend pour une prochaine visite afin de travailler sur les pépinières, et j'espère rammener un four pour Furcy la prochaine fois. Retour sur Jacmel sur la moto de Nestor, un prof d'ici, qui a une roue libre (une place) pour moi. Je loge chez Grégory qui, comme Ombelline, est coopérant à la faculté de Jacmel.
Le mardi, je prends un tap-tap pour Marbial, village proche de La Voute connu pour son marché. Le père Bertrand, que je comptait rencontrer, est parti sur Jacmel. Je laisse donc mes coordonnées en espérant revenir ici plus tard. En début d'après-midi, je remonte à pied sur La Voute en compagnie de Madames Sara (surnom donné aux marchandes qui font autant de bruit en papotant que les oiseaux du même nom). En 2 h nous sommes rendu, avec la petite différence que moi je n'ai pas fais le trajet avec un panier sur la tête plus lourd que mon sac à dos, le tout sur un sentier à pic où on aurait pu tailler un escalier.
Retour le lendemain par le même chemin qu'à l'aller et avec un peu de chance, ben oui je n'avais pas vraiment prévu combien allaient me coûter les transports et c'est tombé juste à 35 gourdes près (soit 0,6 euros), sinon je rentrais à pied tout du long…
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