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Mardi 14 février 2006

            Je viens juste donner quelques précisions du jour à propos des élections. Ce midi le favori René Préval a donné une conférence de presse unidirectionnelle car il n'a répondu à aucune question. Il a précisé qu'hier soir il était en réunion avec le CEP (conseil électoral provisaire) et des représentants de la communauté internationale auxquels il a proposé que les résultats définitifs des élections ne soient pas publiés s'il n'obtient pas la majorité absolue. Il a été jusqu'à demander d'être nommé président pour "répondre à la voix du peuple" et a encouragé les manifestants à continuer à montrer leur opposition au CEP dans la paix jusqu'à ce que justice soit faite.

            Au moins, nous sommes désormais fixés sur ses intentions si tel n'était pas le cas auparavant. On se trouve face à un exemple type de manipulation des foules, chose que Préval maîtrise et a déjà utilisé lors de son premier mandat contre le parlement qui était en désaccord avec lui. Il n'y a donc que très peu d'espoir de voir le pays repartir enfin sur des bases démocratiques.

            A bientôt pour la suite des événements,

            Gérard

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Lundi 13 février 2006

Petit bonjour orageux de Port-au-Prince,

Les élections ont eu lieu mercredi 7 février et j'ai pu découvrir l'ampleur de l'inorganisation du pays. Alors que des personnes se sont levées à une ou deux heures du matin pour être là dès l'ouverture des bureaux, plusieurs de ces derniers ouvrirent deux à trois heures plus tard que l'heure de 6 heures prévues parce que les organisateurs n'étaient pas arrivés. Dans chaque lieu de vote, la population ne savait jamais quelle file d'attente choisir ; les votants étaient classés par ordre alphabétique mais personne n'était en mesure dire si c'était en fonction du nom ou du prénom qui ici sont appelés respectivement signature et nom pour simplifier. De plus, une partie de la population étant illettrée, l'aide qu'elle aurait dû avoir n'était pas toujours au rendez-vous.

Cependant tout cela s'est déroulé dans un calme, relatif puisqu'il y a tout de même eu quatre morts à cause notamment de bousculades. Comme le diront les journalistes un peu plus tard, le peuple haïtien, en se déplaçant en masse pour faire la queue pendant des heures quelquefois sur plus d'un kilomètre, a donné une grande leçon de civisme à la communauté international. On pourrait, en effet, penser qu'il ne porte plus d'espoir dans ses dirigeants politique au vu des dictatures successives subies.

Le résultat définitif du dépouillement devait être pour le samedi 10, et en ce lundi ce n'est toujours pas terminé. Nous avons donc eu droit à des estimations intermédiaires chaque jour. Il apparaît à cette heure que le candidat favori, le populiste et proche d'Aristide, René Préval, est en tête avec un peu moins de 50 % des voix pour 80 % des bulletins dépouillés. Le gros problème est que les premières estimations lui donnaient la majorité absolue mais elles ne portaient que sur 30% des bulletins. Il risque donc fortement d'y avoir un deuxième tour. Et cela fait qu'aujourd'hui il n'y a pas que le temps d'orageux, mais aussi le peuple partisan de Préval qui défile dans la rue aux cris de "Préval Président", tout en étant plus ou moins manipulé pour faire ainsi pression sur le CEP (conseil électoral provisoire).

Il est donc maintenant exclu pour nous de sortir en ville car vous devinerez aisément qu'avec se type d'ambiance tout peut dégénérer d'un moment à l'autre. Pour l'instant cela se limite à quelques pneus brûlés ce matin.

Cela a malgré tout une ambiance de fête puisque mélangé aux défilés carnavalesques du moment. Dans les rues de Port-au-Prince, c'est donc un peu une forme d'hystérie collective que l'on retrouve en équilibre sur la ligne de crête entre la liesse et le pire si le favori ne passe pas, et ce, dès l'issue du premier tour mais cela n'est qu'une impression personnelle.

 

 

 

 

Outre les élections, je souhaitais aussi reparler un peu de la circulation ici. J'ai déjà évoqué l'état des véhicules et l'anarchie qui règne dans les rues. Mais je n'ai pas vraiment expliqué pourquoi. C'est assez simple, il y a bien quelques feux de signalisations mais comme l'électricité n'est délivrée que trois à quatre heures par jours leur utilité se trouve remise en cause. Selon le père Jean-Yves, il y a aurait un seul feu de signalisation fonctionnant dans toute la capitale car il est alimenté par le magasin voisin qui possède sa génératrice. Pour ce qui est des panneaux d'indication, il y en a quelques uns mais quant à leur respect…Même nous, nous prenons notre rue en sens interdit pour rentrer au séminaire car c'est plus simple et pour reprendre le père Jean-Yves une fois de plus : "…depuis qu'il y a eu quelques policiers à se faire tuer ici, ils sont moins intransigeants…".

Je vais finir avec un de ses récits à propos des transports en commun. "Un jour, je prenais un bus pour revenir des Cayes sur Port-au-Prince et il faisait nuit. Eh bien, notre bus n'avait que le feu de droite qui fonctionnait et il éclairait le haut des arbres sur la berne. Alors on voyait tout le monde sortir les chapelets pour faire en sorte d'arriver à bon port. Quelqu'un demanda au conducteur comment il pouvait conduire comme ça et le conducteur répondit : ah mais je connais la route par cœur. Cela n'a pas empêché tout le monde de vite descendre à l'arrêt de Carrefour dans la banlieue de Port-au-Prince pour reprendre un autre transport." Après, on ne s'étonnera pas de voir sur les transports en commun (bus et tap-tap) des inscription comme "A la grâce de Dieu" ou "Entre les mains de Dieu"….

Apparemment tout le monde est habitué, même Matthieu, volontaire depuis un an et demi ici, qui m'explique stoïquement : "en fait, c'est la loi du plus fort, le premier qui s'engage est bon…". Et j'ai pu bien le constater quand Guy m'a emmené en cours. Constatant que l'on allait arriver en retard il a montré un peu plus de témérité qu'à l'habitude en faisant quelques dépassements peu orthodoxes en pleine rue bondée…mais avec quelques coups de klaxons ça passe. J'ai quand même failli lui dire que 5 minutes de retard c'était pas grave et qu'arriver en un seul morceau était préférable.

 

 

 

 

Pour les jardiniers et même pour les autres, je serai intéressé par la mise en place d'un réseau d'envoi de graines de jardinerie (fleurs à couper et légumes), car ici les semences sélectionnées sont chères pour les paysans. Mais pour diminuer le coût, nous prenons les sachets périmés à la condition que la date ne soit pas dépassée depuis plus d'un an. Ceux qui sont motivés peuvent me contacter pour voir ce qu'il est possible de faire et comment l'organiser.

Je vous embrasse tous

Par gerard - Publié dans : au jour le jour
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Mercredi 8 février 2006

Bonjou tout moun, m'pa pi mal e ou menm ?

( Bonjour à tous, je ne vais pas plus mal et vous même ?)

 

 

 

Ca y est grâce ou à cause des élections j'ai pu découvrir Furcy. Ma professeur a préférer déplacer les cours des 6 et 8 (avant et après les élections) sur la semaine passée pour ne pas avoir à circuler en cas de troubles, ce qui est une sage précaution. Cinq jours étant libérés, Jean-Yves a jugé que mon petit bagage de créole me suffirait pour un premier contact. En fait il ne préférait pas que je monte avant de peur que j'ai du mal à me concentrer sur les cours après avoir découvert mon futur cadre de travail ; il n'avait pas tort.

Mais il faut commencer par le début. Samedi dernier, après six heures de créole qui m'ont laissé fatigué, j'embarque avec le père Werby, tout récemment ordonné prêtre, pour Furcy. Cette localité n'est guère qu'à 40 km de Port au Prince, mais il nous faudra plus d'une heure et demie pour escalader les 1600 mètres de dénivelé de route tortueuse, puis pour les derniers kilomètres, de piste terreuse plus ou moins entretenue. Passer la troisième relève tout simplement de l'exploit sportif, surtout lorsque l'on se retrouve bloqué derrière l'un des camions de transport de sable qui alimentent la capitale pour "l'entretien" de ses routes et les constructions. Ce sont des dangers ambulants non pas par leur vitesse mais par leur état. Freins défectueux, éclairages plus ou moins présents, roues auxquelles manquent des boulons de fixations et qui parfois tanguent dangereusement à la façon d'une roue de vélo voilée…des bagatelles quoi. Le père Jean-Yves en a déjà vu avancer de travers à cause de l'essieu qui n'est plus dans l'axe donc tout peut rouler pour conclure.

Défilé ininterrompu de construction jusque bien au-dessus de Kenscoff. C'est un peu après que commencent les 5-6 km de piste menant à Furcy. L'habitat se disperse alors pour laisser apparaître la campagne parsemée de champs ou plutôt jardins cultivés jusque sur les pentes les plus abruptes. Et ce, pour le malheur des paysans eux-mêmes qui, en coupant jusqu'au dernier arbre pour obtenir du combustible et libérer du terrain, ont laissé la terre fragile d'Haïti exposée aux pluies et sécheresses, à l'érosion. Les ravines apparaissent comme des plaies béantes d'où la vie s'échappe, il ne reste plus que la roche stérile et la faim…Ces paysages tristes ne sont pas encore trop répandu ici mais le processus est entamé depuis longtemps.

Arrivée de nuit à Furcy à notre logement temporaire, accueil par le père Jean-Yves, qui a déjà préparé la soupe, et Philistin, un haïtien du village qui est son homme de confiance. Ce n'est que le matin suivant que je vais découvrir le village.

Le dimanche est l'occasion pour Werby de célébrer sa première messe publique. C'est à 9 h 30 que nous arrivons à l'église du village, un construction simple, toute en rondeur près de laquelle s'élève l'ossature du presbytère que nous devions habiter et qui ne sera terminé qu'à Pâques, si Dyé vlé bien sûr. C'est le son du tambour qui accompagne toute la cérémonie, à la fin de laquelle le Père Jean-Yves, qui fait les annonces, en profite pour me présenter à la communauté leur demandant d'être tous mes professeurs de créole.

Le lundi, c'est la visite des pépinières. D'abord celle du village qui est à côté de l'église. Les enfants sont déjà là pour une petite corvée de nettoyage ; tout les sachets où les jeunes plants sont morts sont vidés pour récupérer la terre. Je dis corvée mais c'est plutôt considéré comme une distraction par les enfants d'ici qui n'ont guère d'autres façons de se divertir. Le travail dans les pépinières est d'ailleurs basé sur le volontariat. Les enfants participant se voient offrir en récompense des sachets de graines de fleurs ou de légumes à utiliser chez eux. Ce travail fini, je pars, en compagnie de Werby, de jeunes du village et de quelques enfants, pour Basin Bleu un ruisseau à 20 minutes de marche en contrebas du village. Sur les photos, on peut y voir les jeunes et les enfants qui se douchent sous une chute d'eau.

L'après-midi, Werby m'accompagne à pied pour rendre visite à Elius qui tient une pépinière lui aussi à côté de l'église méthodiste voisine. Il me présente ses plants puis tout ce qu'il a déjà fait depuis 20 ans. Je ne peux qu'admirer le travail qu'a réalisé, seul, cet homme depuis 1985, date à laquelle il a commencé à replanter. Il nous invite à passer chez lui prendre un verre d'eau, première fois que je rentre dans une "kay" (maison) de paysan. Je comprend alors pourquoi il y a l'exode rural, pourquoi des jeunes qui ont été à la ville ne veulent plus revenir à la campagne gratter la terre toute la journée sur des pentes impossibles, remonter l'eau à seau sur la tête pour ne pas voir s'étioler les plants de légumes, et gagner 1 à 2 euros par jours qui permettront d'assembler quelques planches pour construire la maison, parer au nécessaire, élever ses enfants du mieux possible, quand bien même la vie à le ville fut plus dure encore. Alors Elius me montre son diplôme obtenu dans un institut de formation rural, là où il a appris le principe du reboisement. Alors je me dis que ce sont des hommes comme lui qui sont l'espoir du pays, pas moi, je ne serais que son associé pour que ce qu'il a réussi prenne de l'ampleur, soit germe de futur…

Arrive enfin le mardi, jour que tout le monde attendait, jour où le peuple haïtien va pouvoir choisir un nouveau départ par la voix des urnes. Le père Jean-Yves et moi accompagnons le père Werby, le matin, car il est inscrit au bureau de vote de Furcy ; sur les photos c'est celui qui a une casquette et qui tient sa carte d'électeur avec la foule en arrière plan. Je parlerais plus longuement des élections d'ici trois jours lorsque les résultats seront parus. L'après-midi, Werby ayant pu enfin voter car ce fut compliqué, nous redescendons sur Port-au-Prince, après avoir attentivement écouté la radio nous informant que tout se passe plutôt dans le calme.

N'a wè pi ta, si Dye vle

 

 

 

Gérard

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Mardi 31 janvier 2006

Bonjour à tous !

Voilà déjà cinq jours que je suis arrivé, je prends progressivement mes marques. Hier, au programme : petite promenade à pied au marché avec Guy. On passe devant le palais national où réside le président ; étrange contraste que ce bâtiment luxueux jouxtant des rues aux bâtiments jamais terminés, où les ordures s'amoncellent sur les trottoirs avant d'être brûlées sur place ou éventuellement ramassées à la pelle dans de petits camions bennes.

Puis nous longeons le Champ de Mars, parc où les Port au Princiens se rassemblent pour les grands événements : concerts, manifestations, carnavals…Passage de l'ambassade américaine , bâtiment sous hautes protections comme les autres ambassades et consulats. Et après avoir franchit avec succès les rues et carrefours, car ici on traverse n'importe où au milieu de la circulation anarchique, c'est l'arrivée au marché local.

Vêtements, montres, œufs, poules, légumes de toutes sortes, télévisions, tout est disponible dans la rue qui se trouve fermée à la circulation de fait, bien qu'il semble que certains tentent l'aventure à mobylette, charrette à bras, voire 4x4. Il faut mieux connaître les prix à l'avance car tout commerce se fait par négociation tout en discutant de choses et d'autres. Pour l'alimentaire, âmes sensibles s'abstenir ; l'étal est souvent une serviette posée à même la rue, noire de poussière et d'hydrocarbures, qui attend la prochaine pluie pour son grand nettoyage. Heureusement, il y a aussi des sacs, de petites tables, et pour les mieux installés, une petite échoppe en dur. Le tout côtoyant bien sûr les déchets ménagers et autres rebus jetés dans ce qui tient lieu de caniveau.

Remarquable est l'animation qui règne en ces lieux, avec les enfants jouant entre les passants, les passants interpellant une personne de connaissance, les klaxons des deux roues…. Une autre chose admirable est l'attention que les personnes portent à leur tenue. Les haïtiens sont toujours très bien habillés comparativement aux conditions matérielles du pays.

 

 

 

Comme nous sommes un dimanche, la soirée est l'occasion de défilés de bandes à pied ou groupes musicaux carnavalesques. Car ici tout les dimanches, depuis le 6 janvier jusqu'au mardi gras, sont l'occasion de faire la fête, le carnaval en lui-même durant du vendredi au mardi gras. Depuis ma résidence au troisième étage du séminaire, je peux facilement profiter des différentes troupes, défilant dans les rues, suivies par des regroupements hétéroclites et bariolés de joyeux passants. Pas question de se coucher tôt, car les festivités durent jusque minuit passé agrémentées de tirs de petits feux d'artifices, de pétards et malheureusement de quelques balles.

Mais c'est aussi ça qui est déconcertant, cette persévérance dans la bonne humeur et la fête que rien ne peut arrêter pas même le danger de tirs criminels. Il faut, en effet, savoir qu'en Haïti rien n'a jamais pu arrêter un carnaval et les festivités qui l'entourent pas même un coup d'état comme ce fut déjà le cas. Cet engouement pour le carnaval remonte au temps de l'esclavage où il existait déjà à cette même époque de l'année un jour totalement libre pour les esclaves puisqu'ils avaient alors le droit de se moquer de leurs maîtres.

 

 

 

Demain commencent mes cours particuliers de créole intensif qui dureront deux semaines, et devront me permettre de disposer des rudiments nécessaires pour entamer quelques discussions avec les personnes que je rencontrerai. Une fois cette étape passée, il est prévu une visite de pépinières dans le sud ouest du pays du côté des Cayes.

 

 

 

Le blog étant restreint quant à sa capacité d'accueil pour les photos, vous pouvez en trouver plus et de meilleur qualité sur www.wistiti.fr , cherchez sous le pseudo "photoged" dans la catégorie "voyages" et "Amérique du sud", le titre de l'album est Port-au Prince. Il y a là quelques photos de ma chambre et de la ville.

A bientôt pour vous faire part de mes progrès en créole

Gérard

Par gerard - Publié dans : au jour le jour
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Samedi 28 janvier 2006

Salut à tous ! Bonjou tou moun !

 

 

 

           Ca y est je suis arrivé depuis jeudi matin en Haïti. Mais reprenons depuis Pointe à Pitre où je faisais escale mercredi 25 au soir. Décollage à 7h30 du matin direction Port au Prince. Le temps magnifique me permet d’admirer les différentes îles des Caraïbes, puis nous longeons Saint-Domingue, survol des terres, la baie de Port au Prince apparaît enfin. Demi-tour au dessus de la mer, survol de Cité Soleil, amoncellement de tôles, bidonville tristement réputé pour son extrême pauvreté et la violence qui y règne, en faisant une zone de non-droit.

          Atterrissage, passage en douane, sortie. Rencontre avec le père Jean-Yves. Nous partons pour un périple à travers la ville, passant par une communauté protestante où nous devons récupérer des vivres. L’état des routes est très variable même ici à la capitale ; cela va de la double voie récente au plus mauvais chemin de terre qui soit. Et partout l’encombrement de véhicules qui doublent à droite, à gauche, qui font demi-tour, qui tombent en panne, et aussi de la population qui est partout, commerçant sur les trottoirs où un tabouret est déjà une échoppe, traversant devant, derrière nous. C’est le bourara comme on dit ici, l’embouteillage mais de façon désordonnée où l’instrument le plus indispensable et le klaxon résonnant à longueur de journée.

Nous arrivons enfin au séminaire Saint-Martial (qui est aussi école primaire et secondaire) où je vais résider pendant deux semaines et chaque fois que je viendrait sur Port au Prince (Potoprens en kreyol). Un garde armé nous laisse entrer, tout les lieux publics importants son protégés en ce moment, surtout du fait de l’imminence des élections.

Je découvre mes colocataires, neuf séminaristes qui m’accueillent chaleureusement et tentent de m’inculquer les rudiments du créole avant que je n’entame deux semaines de cours intensifs. L’humour est permanent, pas besoin de comprendre, le rire est contagieux, antidote dans ce pays où il y a tant à faire. Ils m'invitent à un rassemblement de séminaristes de plusieurs congrégations, ce sera ma seule sortie car je suis alors accompagné. C'est l'occasion de présenter "Gérard le français, coopérant avec le père Jean-Yves". Pas de problème, on me reconnaît facilement.

Mes premiers repas, mes premiers riz-pois, étrange ressemblance mais décrit bien la réalité sauf qu’ici c’est accompagné de viande de chèvre, une première pour moi, c’est d’ailleurs très bon.

Des soirées tranquilles, promenades et discussions sur le toit (plat bien-sûr) pour profiter de l’air frais qui me change des quelques 28 degrés de la journée, on m’a pourtant dit "tu as de la chance tu arrives pendant la saison froide" ; vivement Furcy et la montagne. Au loin, quelques tirs isolés.

Je n'ai pas encore de photos, mais je ne manquerai pas d'en poster lors de mon prochain article.

N'a wé, si Dyé vlé ( Au revoir )

Par gerard - Publié dans : au jour le jour
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